Noble cheval, jaimerais vivre longtemps pour te chanter.
j'aimerais reter là à t'admirer, libre dans la vaste prairie, et ressentir comme toi la caresse de la bise.
j'ai cru mille fois être amoureux de toi. quelle folie! pour créer l'homme dieu prit un peu de boue, mais quand vint ton tour, dit une légende bédouine, c'est d'aire pur qu'il te créa.
pourtant l'aire est fugace, insaisissable, mais toi tu m'es toujours plus proche. je te caresse et tu t'attaches à mes pas, je t'embrasse et tu me cherche, je veus te corriger et tu me comprend.
c 'est ains qu'il te créa. Omerveille! tu es tel le cheval blanc de l'apocalypse,
le premier vainqueur...
je suis jalous de toi, terriblement jaloux. nombreux sont ceux qui voudraient te caresser, t'aimer, se faire aimer de toi. j'envie jusqu'à la prairie où tu hennis.
tu honores les coquelicots que tu y foules, le trèfle et le sainfoin que tu y broutes.
roi des plaines infinies, avec pour seul témoin le soleil qui chante tes louanges,
tu es crinère au vent, symbole de vie et de liberté. révélantta puissance, tes muscles bandés vibrent, tels les cordes d'une guitare, dans l'harmonie de ton majestueux galop.
Quand je médite, je te sens attentif, et je me mets à ton écoute. tu n'es pas encore de ce monde et j'entends déjà battre ton coeur à mon oreille.
tu remplis de ferveur heureuse les cavalier qui ne vivent que par toi. pourquoi as tu si vite gagné mon âme? tu es le piédestal des rois, des grands et des puissants de l'histoire, et tu acceptes jusqu'au plus humble des cavaliers.
tu as beaucoup vieilli, mais je revois en toi le poulein qui cabrioleit et gambadait. de ma mémoire engourdie surgissent, renaissent sous mes yeux ton incroyable agilité, ton regard pur, l'haleine de tes naseaux, l'odeur qu'exhalait ta peau lorqu'en longues corses tu livrais généreusement tes forces.
quelle joie cet élan vital qui se détend comme un ressort, quand les rênes sont lâchées sur ton cou! et combien de primtemps ressucités dans ce hennissement puissant qui n'aura plus d'écho!
nul ne te décria, tous te louèrent. tu inspiras peintres et photographes, poétes et écrivains. tu est le symblole, l'incarnationparfaite du monde animale.
si en de rares occasions, tu t'es mal compté, si tu as parfois manqué de sang froid, c'est que tu était incompris, traité avec brusquerie, alors que seule la douceur trouve écho en ta douceur suprême, toi toujours fidèle au plus léger sifflement sensible à la caresse, toujours prêt à donner jusqu'à ta vie. j'en suis témoin. pour sauver celui qui t'aimait...
vous ne me croirez pas si je dit que mon " espléndida" est venue me parker tout à l'heure. et pourtant... elle est venue me dire, avec une joie malicieuse, tous les chevaux, qui la poursuivent. mais elle ne pouvait contenir l'indomptable allégresse qu'exprimaient les hennissement puissants gonflant son poitrail lustré d'où jaillissait toute la force de vie des milliers de chevaux qui existèrent.
j'entends mainrenant le son familier du galop de mes chevaux. c'est le vibrato, d'abord sord et lointain, puis proche et intense, d'une guitare meurtrie qui maintient un son , une cascade de sons, un flot d'accords, c'est un refrain en do majeur que quatre sabots rythment en cadence. cantate du galop, inoubliable pour celui qui l'écoute.
mais je te vois figé, cheval illustre, dans une inquiétante roideur. j'arrive à ta hauteur - ta peau est froide sous ma caresse. froide comme le souvenir, évocatrice comme une larme.
des vies entière te sont consacrées. c'est pourquoi l'on te pleure, l'on te chante, et rien n'est trop grand pour tes louanges, O cheval demi -dieu de la terre!